mercredi 25 mars 2015

Lectures de Monique Domergue, expos le 28 et 29 mars à Boulbon et le ouiquinde suivant à Cadenet!

Ne pas oublier la belle exposition de Jean-Paul Domergue à la Petite Librairie des Champs samedi 28 et dimanche 29 mars à La petite librairie de Boulbon, à partir de 18 heures avec une lecture du poète Monique Domergue,

mais aussi

l'exposition de Georges Stolf dans la chapelle ste Anne de Boulbon avec une lecture de Monique Domergue sur le parvis à 11.30,

oiseau de Georges Stolf


sans oublier le salon de la Petite Édition de Cadenet qui se tient le ouiquinde suivant, samedi 2 et dimanche 3 en présence de nombreux auteurs et éditeurs, Le Dessert de Lune, Jacques Brémond, Cousumain, Al Manar etc...

et où sera présent Smouroute et Nathalie Guen, ainsi que SD, expositions à la Médiathèque et sur le salon!

un mur de l'expo à Cadenet

dimanche 15 mars 2015

programme du 28 et 29 mars à la Petite Librairie des champs de Boulbon


"les "bas quartiers" furent notre chance
tous entassés, tous mélangés
compagnons de misère ou d'exil
tous français tellement
tous ces cœurs-là venus d'ailleurs
italiens, espagnols, gitans
grecs ou polonais..."


oeuvre de JP Domergue


Le samedi 28  et le dimanche 29 mars
la Petite Librairie accueillera Monique et Jean-Paul Domergue
ainsi que les éditeurs Stéphane Landois et Jacques Brémond.
Monique Domergue est poète et Jean-Paul sculpteur.
Nous pourrons voir et entendre leurs oeuvres.

oeuvre de JP Domergue

Samedi 28 mars:

À 17 heures: ouverture de la Petite Librairie et visite de l'exposition de Jean-Paul Domergue.

À 18 heures lecture d'extraits des dernières publications de Monique Domergue à l'Atelier du Hanneton et chez Jacques Brémond ( PROPOS DE VIEILLES FEMMES,  LE SIECLE S'EFFONDRE  éd . Jacques Brémond, SI TU VEUX VIVRE AVANCE,  et MOI, MON FOULARD »  Atelier du Hanneton 

À 19 heures apéro partagé.

Dimanche 29 mars

À 11 h 30 au village, sur le parvis de l'espace culturel Ste ANNE où seront visibles les oeuvres de Georges Stolf, lecture de Monique Domergue.

À 15.30 à la petite Librairie, lecture et présentation du livre de Monique Domergue  publié aux éditions du Hanneton:
SI TU VEUX VIVRE AVANCE
par Monique Domergue
Texte bilingue Français & Arménien, traduction Karine Grange Goussian
Avec CD texte & musique arménienne.

En 2008, naît le projet du livre Si tu veux vivre avance sur la communauté arménienne de la vallée du Rhône.
Texte poétique et témoignage. Monique Domergue, l'auteure est invitée en Arménie afin de faire travailler
les petits arméniens à partir du livre. Un film retrace cette aventure.



Le 28 et 29 mars Monique et Jean-Paul Domergue à Boulbon, poète et sculpteur.


 Monique DOMERGUE est poète. 




Née le 24 avril 1947 en Savoie,  elle reste liée au milieu rural dont elle est issue. Son enfance la rattache à la terre (père agriculteur) et aux mots (mère institutrice). Elle vit dans la Drôme avec le sculpteur J-P Domergue. 
Leurs quatre fils sont musiciens.

       Animation d’ émissions poétiques « Des mots dans l’air »  sur radio locale etd’ateliers d’écriture dans des classes , médiathèques , comités d’entreprises,  prison de Valence, faculté des lettres et depuis 2002  à la « Poudrière»,  école du Film d’Animation de Valence . Participation à de nombreuses rencontres et lectures publiques (en particulier à Romans avec Mouloudji en 92, etAndrée Chedid en 93 )

.
       «  PROPOS DE VIEILLES FEMMES »    éd. Jacques Bremond  1992
       «  Les mots , l’émoi »  ouvrage collectif vendu au profit d’Amnesty , 1994 ;
       «  Multiples Ailleurs »  collectif , Union des Ecrivains de Grenoble  1994
       « Noires et Blanches » avec Eric Maulavé photographe  1999
       « Partitions » ouvrage collectif . Union des Ecrivains de Grenoble  1999.
       « 50 visages au lever le matin » avec Sylvie Planche ( plasticienne ) en 1999 .
       « LE SIECLE S'EFFONDRE»  éd . Jacques Brémond,2000 .
       « POUR NOUS CE JOUR » éd.  Petits Classiques du Grand Pirate  Mai 2005 .
       « 111 poètes d’aujourd’hui en Rhône-Alpes » édit. Le temps des cerises 2005
       « JE SUIS CARRE » éditions Jacques Brémond . 2006
       « SI TU VEUX VIVRE AVANCE »  Atelier du Hanneton  2008
       «  MOI, MON FOULARD »  Atelier du Hanneton  2010
       « 7 femmes citoyennes » film documentaire de 20 mn, commandé en 2013 par la CIMADE  avec les vidéastes Badr El Hammami et Maxime Deminière
.    « Histoire- papier » , livre collectif – Atelier du Hanneton- déc. 2015
.    Participation à la revue « Bacchanales » N° 51, déc. 2015



Jean Paul DOMERGUE est sculpteur




                  Je suis  un assembleur. 

                 Assembler c'est ajuster, travail de mémoire et d'attention. Tenter de faire vivre ensemble des matériaux différents,  des forces contradictoires,  le mouvement avec le statique,  le vide avec le plein,  le tenon avec la mortaise,  la précision mathématique avec le chaos originel,  les tensions collectives avec l'histoire de chacun,  la sève de l'arbre avec le tronc coupé …

                 Assembler ,  c'est chercher dans cet ajustement , à apprivoiser l'énergie, contenue ou déployée,  matière lumineuse ou sonore,   avec un matériau organique,  aussi pesant,  aussi archaïque,  aussi peu « réfléchissant » que le bois …

                 Assembler , façon d' inscrire l'espace.
                                                                                                       JP DOMERGUE       -2012-

lundi 2 février 2015

Tant de lumière dans le péril/Bernard Vargaftig samedi 7 février à Boulbon

Je n'aime que la différence
Je tombe entre la buse et moi
Un cri m'arrache à la dispersion
L'aveu me retrouve

La suite odorante
Les escarpements et un cri
Où comme
Combien les peurs sont insatiables

Trop de clarté sur la rocaille
La descente dont l'écho s'immobilise
Une image que le vent a perdue
J'abandonne le fracas

Tu me fais fuir l'épouvante
J'écoute aveuglé j'écoute
La vitesse par bribes
L'espacement me reconnaît

dimanche 1 février 2015

Jean-Gabriel Cosculluella: A Bernard Vargaftig


Nuidité de l'oubli 
à Bernard Vargaftig 

Nul ne meurt si pauvre qu’il ne laisse quelque 
chose 
Blaise Cendrars 
Un même silence 
Bernard Vargaftig 

L'oubli reste au présent. Tu écris sous l'oubli, même si tu ne le nommes pas à tout bout de chant. Tu 
sais, je le sais, il y a trop de mots encore, pour cela l'oubli nous reste au présent. Les mots 
n'achèvent pas l'oubli, ils le portent au présent, à présent dans l'immédiat. 
L'immédiat de ton visage absent. Il y a l'obstination de tes mots, leur silence, la respiration de leur 
nuit, de leur jour, de leur nuit. Il y a un souffle dans tes phrases souvent brèves, serrées, resserrées, 
tu retiens ton souffle  dans la nuit, dans le jour, dans la nuit, il y a le bout du chant. Tu retiens ton 
souffle derrière la maison des mots, dans la pente, vers le chant. Les lucioles ne disparaissent pas 
tout à fait. Tu gardes ta peur d'enfant dans le vertige de la nuit, du jour et de la nuit échappés, toi- 
même échappé de la nuit et du jour, jamais trop loin de la disparition. L'oubli, c'est oublier et ne pas 
oublier, tu creuses un mot puis un autre, dans l'immédiat qui te reste et nous reste, pour le dire. Tu 
regardes  les lucioles, nous, tu gardes  ton impatience dans le présent, nous. Nous, tes mots, noués. 
Si pauvres qu'ils ne gardent quelque lumière. Dans un même silence. 
Espace la clarté en pente (1) 
Des mots qui tirent leur force 
d'une menace serrée (2) 
Pour un mot, un seul, puis un autre, seul, non seuls, pour une luciole, pour la lumière de quelque 
luciole, dans le monde qui nous tient et comment y tenir ?, puis d'une autre luciole, tu gardes ton 
impatience, nous, pour lire écrire dans le présent. Dans un même silence, toujours. Dans un même 
manque. Si pauvres d'un mot, d'une luciole, de leur nuidité, c'est à la lettre, avec toi, nous faisons nu 
avec le monde, avec rien, avec rien d'autre, avec le rien et son rien d'autre (3). D'un mot, nous 
allons vers un autre. D'une luciole, vers une autre. Comment ne pas reprendre tes mots, dans 
l'immédiat: nous nous inclinons vers le monde, le monde, à distance nue, dans les soulèvements, 
dans un craquement d'ombre, comme respirer, trembler comme le souffle tremble, de face, lumière 
qui siffe, de face (1) 
La nuit bouge. Le jour bouge. Une poignée de terre dans chaque mot, une poignée de terre sous 
chaque luciole. Là où le fini et l'infini se rejoignaient (4). Là où le fini et l'infini maintenant se 
rejoignent.
A nu, dans la lumière. Ici même ou même ailleurs, il nous faut résister aux mêmes. N'est jamais 
comme ton mot, n'est jamais comme ta phrase, haletants, précipités, si pauvres qu'ils ne gardent un 
mot: lumière. Tout en silence. Pourquoi y bat ton mot ? Lumière. Est la nuit. Est le jour. Est la nuit. 
Lumière. Si pauvre qu'il ne garde quelque luciole dans la nuidité de l'oubli. 
Jean Gabriel Cosculluela 
© jean gabriel cosculluela, 25 janvier – 2 février  2015 
(1) Bernard Vargaftig 
(2) Alain Veinstein 
(3) Roger Munier 
(4) Thomas Bernhardt

vendredi 30 janvier 2015

7 février à la Petite Librairie: hommage à Bernard Vargaftig en présence de nombreux poètes et amis


Deux poèmes de Régis Lefort en hommage à Bernard Vargaftig



25 février 2009 – 10h34 / 11h32

À l’effacement
La présence survenue
Du versement de la nuit
Se donne l’altérité

Dès que serre la mort
Le soulèvement rejoint
Où la terre fait des plis
Jusqu’à l’arbre de Judée

La remontée du canal
Précipite vers le jour
La rencontre à l’inouï
Dont le ciel roux éclaire les eaux

25 février 2009 – 13h23 / 13h29

Vient l’effacement
Présence surgie
Comme le versement de la nuit
À l’altérité

Dès que serre la mort
Le soulèvement rejoint
Où la terre fait des plis
Jusqu’à l’arbre de Judée

La remontée du canal
Précipite vers le jour
La rencontre à l’inouï
Dont le ciel roux éclaire les eaux

lundi 26 janvier 2015

Un texte de Régis Lefort en hommage à Bernard Vargaftig




Ce que je n'oublie pas...

Bruna vient me chercher à la gare. Bernard est resté à la maison. Nous sommes en février 2009. Le jeudi 19 février 2009. Il fait froid. Le vent souffle sur le quai et sur Avignon. De Marseille à Avignon-Centre, il faut à peine plus d'une heure de train.
Quelque mois auparavant, en juillet 2008, j'ai participé au colloque de Cerisy-la-Salle consacré à Bernard Vargaftig et intitulé Avec les poèmes de Bernard Vargaftig, l'énigme du vivant. Le Château de Cerisy a ceci d'unique qu'on y prend le temps. Tout s'y déroule au son de la cloche qui rythme la journée. On prend le temps de parler, d'échanger ou de se taire quand, comme moi, on est mal assuré de sa parole.
J'ai souvent passé les repas en compagnie de Bernard Vargaftig qui, à cette époque, venait d'être équipé de prothèses auditives qui lui occasionnaient des sifflements et en conséquence des malaises. Il me disait que parler à quelqu'un en particulier lui faisait en partie oublier le brouhaha de la salle de repas. Nous avons parlé.
Nous avons sympathisé et Bernard m'a invité à venir passer une journée à Avignon. Entre Cerisy et ce jour de février à Avignon, je lui ai envoyé quelques uns de mes poèmes. L'avis d'un grand de la poésie est toujours exceptionnel quand il vous arrive.
Avec Bruna, nous traversons Avignon à pied. Nous voilà rue Buffon. La porte d'entrée du hall est vitrée et dessine dans ma mémoire un arc de cercle. Elle est aussi très lourde. L'appartement est lumineux. Depuis le séjour, il me semble qu'on voit un petit jardin. Je ne réalise pas bien les choses. Et certainement que c'est aussi bien comme ça.
Nous prenons l'apéritif dans le salon. À ce moment, Bernard sort les textes que je lui ai envoyés, une série de onze poèmes intitulés « Ce que je ne dis pas ». Il ne les trouve pas trop mal et me donne trois conseils. D'abord le titre : il choisirait « Que ne dis-je pas » à la fois plus énigmatique et plus ambigu. Ensuite, il me conseille de structurer l'ensemble en réfléchissant à comment passer d'un poème à l'autre pour que l'enchaînement soit le plus élégant possible. Enfin, il m'invite à transformer certains vers sous forme de question.
Avant le déjeuner, Bernard me montre quelques livres qu'il possède et qui sont rangés dans sa bibliothèque, dont Les Poètes d'Aragon. Il me lit la dédicace, qu'il me montre ensuite : « à Bernard / injustement ». Je la trouve lapidaire et énigmatique à la fois, je ne la comprends toujours pas bien aujourd'hui. Au moment où j'écris ces lignes, je suis en train de penser que j'ai peut-être consigné cette journée dans un de mes nombreux carnets ou cahiers. Si c'est dans un carnet, il y a quelque chance qu'il reste des traces, même partielles. J'ai dû, lors du trajet retour, dans le train, noter ce que ma mémoire défaillante oublie toujours trop vite... En effet, je retrouve le dit-carnet dans le tiroir d'un secrétaire. J'y lis, entre autres choses, que Hugo est une référence pour Bernard Vargaftig et ce point fondamental qui me frappe à la lecture : Bernard recopie tous ses recueils à la main pour Bruna.
Arrive l'après déjeuner, le moment secret, le moment clé. Bruna n'est pas conviée à la petite réunion que Bernard improvise en tête à tête dans son bureau, où nous entrons et dont il prend soin de fermer la porte. Il me montre des lettres de Reverdy et à nouveau quelques livres dont deux, magnifiques, qui sont des collaborations avec Jean Rustin pour l'un, avec Gérard Titus-Carmel pour l'autre. Puis il s'installe derrière son ordinateur, à son bureau, et il me dit : « Je vais vous montrer comment naît un poème. Je vais vous montrer en quelque sorte ma fabrique du pré. » Il commence par me rappeler que le premier vers est toujours le dernier du poème. Il écrit en remontant. Ainsi, m'explique-t-il, il creuse le sens de ce premier vers au lieu d'essayer de le dérouler. Dans le premier cas, le vers se fortifie de ce creusement, dans le second, il risque de s'affadir et perdre de son intérêt, de sa concision, de sa sauvageté. Chaque nouvelle version est datée, même si la reprise ne fait état que de changements minimes. Il me semble me souvenir qu'à la relecture à chaud du poème, si un mot ne paraît pas convenir, il le met en italique. Il reprendra plus tard. La disparition de l'italique signifie que le poème est arrivé à l'équilibre.
Je suis fasciné par cette technique de création qui ne laisse rien au hasard. En effet, un recueil de Bernard Vargaftig peut se lire « littéralement et dans tous les sens ». Je dois avoir l'air bête, c'est ce que je me dis à cet instant, impressionné par autant de méticulosité à écrire. Je me dis que j'ai encore du chemin à faire même si, en toute bonne foi, rien ne s'écrit sous ma plume qui ne soit pensé. Le train du retour est vécu, je ne le vis pas. Je suis vécu, je suis pensé. Je suis dans une rêverie, plongé dans le vers de Bernard Vargaftig, emportant, comme un enfant, un trésor. Le soir-même, je m'essaie à la technique Vargaftig. Je suis curieux de ressentir le processus qui se met en marche en commençant l'écriture du poème par la fin. Du 19 au 28 février, j'abîme finalement le premier essai. Puis deux mois se passent lors desquels chaque jour j'écris un nouveau vers ou je reprends des vers anciens laissés en italique. Bernard m'a ouvert non pas exactement à une technique, puisque finalement je finirai par l'abandonner, mais à plus de vigilance, plus de concision, toujours plus d'exigence.
Ces mots sont pour lui, pour son souvenir, et pour Bruna.

Régis Lefort
mardi 6 mars 2012